La voix

Jésus nous parle aujourd’hui encore. Il prend ici une image bucolique, celle d’un berger soucieux de faire paître son troupeau dans de bons pâturages mais aussi de ne perdre aucun de ses moutons. Les images qui nous viennent à l’esprit d’un berger avec son troupeau insistent trop souvent sur le fait que les moutons suivent le berger, presque aveuglément, mais oublient qu’une personne est capable de les rassembler en les appelant de sa propre voix.

Quand, le jour de la Résurrection, Marie de Magdala va au tombeau elle rencontre le jardinier ; il lui est totalement inconnu, jusqu’au moment où ce jardinier parle et l’appelle « Marie ». Elle reconnaît aussitôt la voix de Jésus, son intonation, sa façon de prononcer. Et elle lui répond. Reconnaître la voix des êtres proches et aimés est en effet le fondement de toutes les   relations humaines, de celles qui font vivre.

Cette relation est une relation d’amour, qui aide à vivre, qui nous rapproche du Père. Par la parole, quelqu’un – et Dieu aussi – donne, livre ce qu’il y a de plus intime en   lui-même. Mais, plus encore, la voix de quelqu’un est aussi invitation à entrer dans son intimité ; invitation à commencer avec lui des relations durables. C’est ce qui se passe au début de tout amour.

Michel STEINMETZ +, curé.