Et après ?

Trop souvent, on porte toute son attention sur la préparation de la première communion et on ne fait plus rien ensuite. Or l’enfant a besoin de nous. D’abord pour que nous lui permettions d’aller à la messe tous les dimanches. Ensuite pour que la communion ne devienne pas automatique (je vais à la messe, donc je communie systématiquement sans me poser de question) mais qu’elle soit préparée la veille ou même durant la semaine qui précède. On peut en parler lors de la prière familiale pour que chacun, à sa manière et comme il veut, pense à préparer son éventuelle communion du lendemain ou du dimanche suivant.

Cette préparation reste fondamentalement un secret entre Dieu et l’enfant mais il est parfois souhaitable que nous suggérions tel effort, tel acte d’offrande. Rappelons aussi la règle du jeûne eucharistique qui veut que celui qui se prépare à communier s’abstienne « au moins une heure avant la sainte communion, de prendre tout aliment et boisson, à l’exception seulement de l’eau et des médicaments » (Nouveau code de droit canonique, canon 919, § 1). Cette règle peut sembler purement formelle et sans signification profonde : c’est d’ailleurs pourquoi beaucoup de chrétiens ne l’appliquent pas et l’ignorent bien souvent. En réalité, qui s’efforce de la mettre en pratique s’aperçoit que c’est un moyen très concret de se préparer à l’Eucharistie, de ne pas communier par automatisme ou habitude. Cette préparation du corps incite à une préparation de l’âme. Véritablement, la règle du jeûne eucharistique est très pédagogique et il serait plus que dommage d’en priver l’enfant sous prétexte de ne pas le surcharger de règles et d’obligations.

S’il est important que l’enfant ne communie pas par habitude, qu’il se prépare à recevoir Jésus, que sa participation à l’Eucharistie soit soutenue par une demande régulière du sacrement du Pardon (en général, une fois par mois est une bonne fréquence), qu’il ne communie pas en état de péché grave (ne croyons pas que les petits ne soient capables que de « petits » péchés : la gravité de leurs refus d’aimer est proportionnelle à leur capacité d’aimer qui peut être très grande), en somme s’il est primordial qu’il ne reçoive pas Jésus n’importe comment, il faut veiller aussi à ce qu’il ne soit pas prisonnier de scrupules ou de perfectionnisme qui l’empêcheraient de communier sous prétexte d’indignité. L’Eucharistie ne se mérite pas : elle est don gratuit de Dieu pour nous. Et Jésus n’est pas venu pour les bien-portants mais pour les pécheurs.

Christine Ponsard

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