Les trésors de nos églises: Le vitrail du baptême du Christ a Saint-Bernard

Evangile du Dimanche du Baptême du Seigneur — Année B (Mc 1, 7-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait :

« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.

Il y eut une voix venant des cieux :
« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »


Le baptême du Christ. Vitrail de Tristan Ruhlmann.
1967, Église Saint-Bernard, Strasbourg. Droits réservés.


Tristan Ruhlmann, un grand maître de la dalle de verre

Première église moderne construite dans les années 60 et 70 à Strasbourg intra muros, l’église Saint-Bernard est située dans le quartier de l’Orangerie. Erigé en 1961 par l’architecte Monserat, cet édifice circulaire paraît un peu austère vu de l’extérieur. Mais une fois les portes franchies, le regard est saisi par les deux ensembles lumineux de dalles de verre réalisés quelques années plus tard, dont les quatre vitraux figuratifs de Tristan Ruhlmann consacrés à des scènes du Nouveau Testament. […]

La technique du vitrail en dalle de verre est née au 20e siècle. Les morceaux de verre, plus épais, ne sont pas reliés par des plombs, mais par du ciment. Leur taille grossière et irrégulière permet à la lumière de s’y réfléchir davantage. L’autre ensemble de dalles de verre, formant une couronne lumineuse, est dû à Ernest Werlé.

Les scènes du Nouveau Testament sont traitées avec une grande expressivité. On est frappé par la couleur, éclatante, mais surtout par la précision du trait, qui donne de la vivacité aux scènes et une profondeur à l’expression des sentiments. Pour atteindre ces qualités, Tristan Ruhlmann (1923-1982) a utilisé des bandes de verre thermoformées à la flamme et posées sur la tranche, dont la finesse (25 mm de hauteur, 1 à 3 mm d’épaisseur) permet un traitement tout en souplesse. Par cette technique, ce grand maître verrier du siècle dernier a véritablement révolutionné la dalle de verre figurative, pour le bonheur des fidèles et des amateurs de vitraux.

Texte adapté librement à partir de  » UNE PARABOLE LUMINEUSE : LE VITRAIL DU FILS PRODIGUE À L’ÉGLISE SAINT-BERNARD DE STRASBOURG (TRISTAN RUHLMANN) », par Madeleine Zeller, paru sur « Carrefours d’Alsace », Mars 2013.

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