L’évangile du 10ème dimanche du Temps Ordinaire est très spécial. On y apprend que la miséricorde du Seigneur n’a pas de limite. C’est d’autant plus étonnant, et un témoignage de plus de sa divinité, que Jésus est considéré sans aucune délicatesse comme ayant « perdu la tête » et pire encore, comme « possédé par Béelzéboul ».
Il y a donc là une inversion, au lieu d’une conversion, une perversion au lieu d’une conversion. C’est pour ainsi dire le paroxysme de ce que l’être humain peut présenter comme opposition à Dieu. Il pense qu’il a le droit de juger Dieu. Il ne met plus aucune limite à sa prépotence.
Nous sommes prévenus. Il y a un véritable danger. Amen, je vous le dis : « Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Les hommes et les femmes de ces temps troubles que nous vivons doivent faire attention aux mots qu’ils utilisent pour se juger les uns les autres. Y compris les chrétiens. Surtout en politique. Est-ce que diaboliser qui que ce soit peut apporter une quelconque noblesse ? Ou est-ce une ultime bassesse ? Si les médias et les réseaux sociaux nous obligent à ne voir l’humanité qu’à travers un vocabulaire extrême (nazi, fasciste, dictateur…), que feront les enfants de ce vocabulaire à l’avenir, par imitation ? Quel esprit infusera-t-il en eux ?
Il y a comme une volonté d’enlaidissement sans frein de la créature de Dieu, et j’entends parfois les chrétiens y participer. STOP. « Bénissez, ne maudissez pas » (Romains 12.14). Ce choix que nous avons à faire dans le Christ est là devant nous, aujourd’hui même.
P. Bernard Gross
