Il n’est pas simple de parler de conversion. Chaque année, pendant le carême, nous sommes appelés à la conversion dans notre cœur pour une plus profonde adhésion au Christ et à l’Evangile, pour une vie chrétienne plus exemplaire.
En ce moment, il y a beaucoup de conversions au christianisme dans le monde, ce qui amène certains gouvernements à adopter des lois pour les interdire. Est-ce gérable politiquement ? Je ne crois pas. Les Eglises locales savent se faire discrètes, là où elles ne sont pas tolérées. Patience !
Mais pour un chrétien qui l’est depuis toujours et fidèlement, c’est un peu dérangeant, toutes ces conversions. Cela donne l’impression que lui, le converti, est arrivé au même point que moi, sans faire aucun effort.
Nous pouvons nous entendre. C’est le temps qui va entrer en jeu. Moi, chrétien fidèle, ai-je mis mon temps à bonne contribution pour devenir un exemple pour mes frères et sœurs ? Lui, maintenant converti, va-t-il utiliser son temps à bon escient pour devenir et rester un exemple pour ses frères et sœurs ?
En fait, rien n’est joué. Les conversions dont on parle ne sont pas exemptes de multiples conversions supplémentaires qui s’inscrivent dans le temps et peuvent avoir une usure sur l’endurance de la personne.
Nous devons juste prier les uns pour les autres, accueillir les dons que Jésus fait à son Eglise et les protéger, et surtout ne pas verser dans la jalousie. Le converti a souvent bien plus de « ménage » à faire dans sa propre vie passée pour l’adapter à sa vie présente, qu’un chrétien de longue date, et cela demande beaucoup d’efforts, de renoncements, avec des découragements possibles.
Nous sommes tous dans un processus de conversion perpétuel. Chaque dimanche nous demandons pardon au Seigneur dans la liturgie pénitentielle, et ce serait étonnant que nous n’ayons absolument rien à nous reprocher. Si nous pensons que de n’avoir tué personne est la mesure qui nous autorise à être justifiés devant Dieu, il y a encore de la conversion dans l’air !
P. Bernard Gross
